Nous avions tellement adoré notre première expérience Helpx en Tasmanie chez la famille Parker que nous avions envie de la renouveler. Et comme nous souhaitions en venant en Australie vivre une expérience avec les animaux sauvages, nous avons opté cette fois-ci pour intégrer un refuge de la vie sauvage via le site HelpX. Ce site permet de mettre en contact des backpackers comme nous avec des locaux qui proposent de vivre chez eux en offrant le gîte et le couvert en échange de quelques heures de travail par jour (entre 4 et 6 heures par jour pour du jardinage, d’aide à la ferme, de la peinture, du ménage, gardes d’enfants…). C’est le même principe que le Wwoofing qui est lui plus spécialisé dans l’agriculture biologique et l’aide à la ferme.
Ce samedi 4 juin, nous arrivons en début de soirée chez Renata et Don à Rock Valley dans le Nord Est du New South Wales. C’est un couple passionné de nature et de la vie sauvage qui a décidé depuis 6 ans de se consacrer entièrement au sauvetage d’animaux de la vie sauvage et en particulier des wallabies. Leur maison se situe sur leur terrain de 50 hectares en pleine nature sur lequel ils relâchent les wallabies qu’ils ont soignés.
Nous dînons avec eux et ils nous expliquent leurs activités et comment se déroulent leur journées que nous devinons bien chargées. Ils sont intégrés au sein de l’association Wires présente dans l’état du New South Wales et qui s’organise en réseau de bénévoles pour le sauvetage des animaux sauvages blessés. Leurs activités vis à vis des animaux sauvages sont complètement bénévoles et nous sommes impressionnés par autant de dévouement car le nourrissage des bébés wallabies se fait de jour comme de nuit. On suppose que Don et Renata n’ont pas pris de véritables vacances depuis un certain nombre d’année. Et nous apprenons que les bébés wallabies sont appelés aussi Joeys en Australie.

Au total, il y a 3 enclos différents : un enclos de soin fermé pour les bébés ou les adultes mal en point avec 4 nourrissages par jour (8h, 14h, 19h et 01h du matin), un petit enclos dans la nature pour les jeunes wallabies en cours d’adaptation (small yard) avec 3 nourrissages par jour (7h30, 15h et 21h) et un grand enclos dans la nature (big yard) pour les wallabies adolescents, qui est ouvert la journée et fermé la nuit (afin de sécuriser ces wallabies trop jeunes pour se sauver en cas d’attaque de horde de chiens sauvages) avec 2 nourrissages par jour (7h30 et 15h).

Nous faisons aussi connaissance avec la dog’s family de Don et Renata car ils ont 6 petits chiens tous âgés d’une dizaine d’années qu’ils ont recueillis dans des refuges.

Ils nous montrent ensuite notre maison où nous séjournerons : une caravane aménagée avec une pièce attenante très confortable. Nous découvrons notre salle de bain qui se situe à l’extérieur et quoi de plus agréable que de prendre sa douche avec une vue sur la nature environnante! Don est un ébéniste fraîchement retraité qui a aménagé lui même la maison des invités pour le Helpx et la salle de bain ainsi que beaucoup d’installations pour les wallabies.


Nous les accompagnons pour le biberon du soir des Joeys (les bébés wallabies)et nous faisons leur connaissance : Split mâle de 9 mois en soin pour une encéphalite (Tiens tiens ça nous rappelle notre chat :)), Iggy un mâle wallaby des marais de 9 mois en soin pour une patte cassée, Sku mâle de 6 mois et Macy femelle de 5 mois très affaiblie et maigre. Tous les bébés wallabies qu’ils recueillent sont orphelins, leurs mères ayant été tuées après avoir été percutées par une voiture ou à la chasse aux wallabies pourtant interdite. Les bébés wallabies sont intimidés car ils ne nous connaissent pas et ne sont pas encore habitués à notre présence. Don et Renata nous expliquent que ce sont des animaux très sensibles et timides avec les étrangers qui ont besoin de temps pour s’habituer à ceux qui s’occupent d’eux.




Le lendemain, nous faisons connaissance avec les jeunes wallabies des 2 autres enclos : 5 jeunes (Cassie, Lickidy, Pebble, Caddagie et Purk) dans le small yard et 3 wallabies adolescents ( Piccolo, Coco et Yoyo) dans le big yard.

Nous découvrons leur abri avec leurs poches pour dormir, celles ci sont confectionnées par Renata pour reproduire la poche maternelle

Et tout autour de nous dans la propriété, il y a plusieurs wallabies adultes qui vivent en liberté, ce sont ceux dont Don et Renata se sont occupés bébés et qu’ils ont relâchés par la suite lorsqu’ils sont devenus autonomes. La plupart d’entre eux restent dans la propriété même s’ils peuvent en sortir comme ils le souhaitent car il n’y a aucune barrière et ils viennent en « jumpant » tous les jours à 15h pour manger les granulés composés d’herbes mixées et de vitamines mis à leur disposition.


Un petite vidéo des wallabies adultes arrivant en sautant pour le goûter :
Et parmi eux, il y a une femelle wallaby, Ruby, avec son petit dans la poche qui doit avoir 5 mois. On aime les regarder car ce sont vraiment des moments trop mignons où le petit découvre la vie avec sa mère. C’est une belle victoire pour Don et Renata car le fait qu’ils se reproduisent montre que la vie sauvage a repris ses droits.

Avec Renata, nous pèserons chaque wallaby pour savoir la quantité de lait qui leur est nécessaire par jour et qui varie selon leur poids. Puis elle nous montre comment préparer le lait à base de poudre et les différents biberons avec une quantité de lait adaptée selon chaque wallaby.
Notre quotidien se partage entre les différents nourrissages de la journée que nous faisons avec Renata (elle assure seule les nourrissages de la nuit), la préparation quotidienne du lait et des biberons et des travaux de jardinage, de désherbage… Même si nous « travaillons » entre 4 et 5 heures par jour, nous n’avons pas réellement l’impression de travailler car nourrir ces wallabies au biberon est plutôt un moment de plaisir pour nous. Et on se dit qu’il y a quand même plus dur comme boulot !
Yann s’occupera préférentiellement d’Iggy et moi de Sku car c’est mieux pour les bébés que ce soit toujours la même personne qui s’en occupe. Et au fil des jours, ils deviendront très proches de nous. Renata s’occupera de Macy comme elle doit lui faire des injections et lui donner des antibiotiques. Split le jeune wallaby avec l’encéphalite sera relâché au bout de 3 jours avec les jeunes du small Yard car son traitement à base d’antibiotiques et de corticoïdes a très bien fonctionné et qu’il gambade maintenant partout.



Jour après jour, nous apprenons à connaître chaque wallaby et découvrons leur personnalité propre à chacun et leurs petites habitudes. Certains sont plus indépendants que d’autres et il y a des affinités entre certains d’entre eux qui se partagent toujours la même poche pour dormir 🙂 Et oui, la coloc entre wallabies, ça existe !


Ils deviennent de plus en plus confiants avec nous et nous accueillent maintenant à chaque fois que nous arrivons à moins qu’ils accueillent l’arrivée des biberons 🙂


Nous nous attachons à ces jeunes wallabies et on aime les regarder interagir avec nous ou jouer entre eux à se poursuivre en sautant. Ils sont vraiment attendrissants et nous attendons ces moments de nourrissage aux biberons avec impatience. C’est vraiment trop mignon et on fond complètement en les regardant 🙂

Tous ces moments partagés avec Don et Renata nous permettent de les connaître et nous découvrons 2 personnes avec de grandes qualités humaines. Très sensibles et attentifs aux autres, ils nous ont accueilli avec beaucoup de gentillesse et nous font partager leurs connaissances sur les wallabies et sur la vie sauvage en général.
Malheureusement, Macy une des bébés wallabies de 5 mois décédera 4 jours après notre arrivée des suites d’une infection intestinale. Elle avait été amenée au refuge par des personnes qui avaient tué sa mère à la chasse et qui l’avaient gardée comme animal de compagnie pour amuser leurs enfants… mais ils l’ont nourrie avec du lait de vache pendant 3 semaines ce qui a détérioré sa flore intestinale et provoqué des diarrhées. Et une semaine plus tard, Piccolo, une des wallabies adolescents, décédera d’une encéphalite fulgurante. Ces décès nous attristent car nous nous étions attachés à eux et nous pensons à Don et Renata qui s’en sont occupés depuis si longtemps. Ce sont des moments difficiles et on se rend compte à quel point c’est dur de faire tout ce qu’ils font car tous ne survivent pas et s’en occuper demande une attention de tous les instants, jour et nuit.
A la fin de la première semaine, un autre pensionnaire arrive. Il s’agit de Jade un mâle de 6 mois, qu’une bénévole de l’association Wires amène à Don et Renata. Il est assez intimidé en arrivant mais la présence de Sku qui a le même âge le rassure énormément et depuis ces deux là sont inséparables 🙂

Nous nous sentons à peu hors du temps avec ces moments d’admiration de la vie sauvage dans cet endroit si calme et relaxant. Être au milieu de la nature, isolés de tout, est vraiment dépaysant et nous procure un sentiment de déconnexion total. Le matin et le midi nous mangeons dehors près de notre caravane entourés de wallabies en liberté et quoi de mieux que de commencer la journée en prenant son petit déj en pleine nature tropicale tout en écoutant les oiseaux et en regardant les wallabies sautant aux alentours. Un petit paradis…

Bon forcément, qui dit en pleine nature tropicale, dit autres animaux pas forcément aussi mignons. Et nous faisons la connaissance du python logeant dans l’atelier d’ébénisterie de Don. Bah oui quoi, j’ai un python au dessus de ma tête qui passe ses journées à dormir sur les poutres pendant que je coupe du bois, rien de plus normal ! C’est plutôt un jeune python car il fait 2 mètres environ et Don et Renata nous disent qu’il n’y a pas d’inquiétude à avoir car les pythons ne sont pas venimeux et que celui-ci ne s’attaquera pas à un humain car nous sommes de trop grosses proies pour lui. Ah bah dis comme ca, on est rassurés ! Pour lui, ses proies sont plutôt de la taille d’un rat qu’il chasse la nuit.
On apprendra plus tard qu’il est assez commun que des pythons vivent dans les ateliers ou garages des habitations à la campagne… On remarque que les Australiens ne sont pas apeurés par la faune plutôt hostile qui les entoure (araignées, serpents et autres bébêtes tout aussi sympathiques que nous découvrirons plus tard lors de notre voyage dans le Queensland comme les crocodiles, méduses, requins…)
Et dans notre caravane aménagée, point de python mais des araignées et des souris… On aime beaucoup les animaux mais on préférerait que certains d’entre eux ne nous aiment pas trop et restent à l’extérieur de notre habitation. Car la nuit c’est la fête pour les souris dans la caravane ! Don et Renata nous prêtent une trappe à souris car on retrouve leurs excréments un peu partout et des fruits grignotés. J’ai quand même demandé si la trappe n’était pas dangereuse pour les souris car j’ai pas envie qu’elles se blessent non plus et des souris, la trappe en a vu passer plus d’une… j ai arrêté de compter à 14… je pense qu’elles se sont un peu moquées de moi car je doute qu’il y en ait autant et j’en voyais revenir vers la caravane… Bref…
Mais elles n’étaient pas les seules car on avait aussi les araignées Huntsmann. Alors nous, on est pas trop fan des araignées surtout dans un pays comme l’Australie et on demande à Don et Renata si elles sont dangereuses. Pas du tout, elles ne sont pas vénimeuses et sont justes insectivores. Elles font entre 5 et 10 cm de diamètre avec leurs pattes, par contre, elles vont vite, tellement vite qu’on a l’impression qu’elles sautent. J’en attraperai 5 ou 6 dans une boîte que je relâcherai au fond du jardin par contre elles, elles ne reviendront pas ouf !

On a aussi les crapauds venimeux autour de la mare mais eux comme ils sont dehors, ils ne nous dérangent pas.
Les jours passent sans que l’on ne s’en rende compte et nous profitons d’une journée de repos pour découvrir les alentours et en particulier la ville de Nimbin dont nous entendons beaucoup parler, ville hippie et emblème d’un mouvement de contestation contre la construction d’un barrage dans les années 70. A notre arrivée, la portière de la voiture à peine fermée, 2 monsieurs d’un certain âge viennent nous voir et nous demandent le plus naturellement du monde si nous souhaitons de la marijuana. Et lorsque nous leur diront « non merci, on ne fume pas», ils nous répondront avec air étonné « bah pourquoi ? » Voilà bienvenue à Nimbin 🙂 ! Ambiance peace and love garantie! Ils ne seront pas les seuls et 3 ou 4 autres personnes nous poseront les mêmes questions ! Une ambiance très détendue règne sur cette petite ville où les magasins d’accessoires de fumette sont légion. La marijuana est interdite de consommation en Australie mais il y a plus qu’une certaine tolérance à Nimbin vu les effluves que nous sentons dans les rues 🙂


Nous déjeunerons à la terrasse d’un café de délicieux sandwiches toastés et nous nous sentirons très très zen tout l’après midi, à nous demander si les effluves de cette ville n’ont pas eu quelques incidences sur notre bien être 🙂
L’après midi nous irons nous promener dans la rainforest et admirer la cascade de Minyons Falls.
Nous passerons aussi voir les chauves-souris « Flying Foxes » dans le parc de Lismore. C’est assez impressionnant car elles se regroupent par bande de plusieurs centaines d’individus et qu’elles « discutent » entre elles ! Ce sont des chauves-souris frugivores indispensables pour l’écosystème car elles permettent la dissémination des graines de fruits et du pollen et participent ainsi à la régénération des forêts dont celles d’eucalyptus (qui est la nourriture principale des koalas). Malheureusement cette espèce est en déclin car elles sont victimes de tirs légaux par les fermiers possédant des vergers ou illégaux par les particuliers ainsi que d’accidents avec les fils électriques ou les barbelés.

Et lors d’une deuxième journée de repos, nous irons à Byron Bay qui se situe prés de la côte. Cette ville est réputée pour ses plages et sa pratique du surf et effectivement nous verrons pour la première fois en Australie beaucoup de surfeurs recherchant LA vague ! Nous commençons par la plage de Wategos Beach et nous profitons du soleil pour bouquiner sur la plage avant qu’une averse nous oblige à retourner dans la voiture. Nous flânerons dans le centre ville très touristique puis retournerons à Wategos beach lorsque le soleil reviendra pour commencer le sentier menant au phare du cap Byron.
La vue est sublime depuis le sentier et offre un panorama sur la mer et Byron Bay. Le cap Byron est l’endroit le plus à l’est de l’Australie et depuis les nombreux points de vue du sentier, nous pouvons voir quelques baleines au loin car elles sont nombreuses à passer prés de cette côte entre mai et octobre lors de la période de migration.
Après avoir passé 2 semaines chez Don et Renata vient le moment de partir car même si nous avons très envie de rester, on doit quand même continuer notre road trip en Australie. C’est donc le cœur serré et les yeux humides que nous leur disons au revoir ainsi qu’aux Joeys. Nous avons rencontré 2 personnes avec un grand cœur et respectueuses de la nature et des animaux, et nous sommes conscients d’avoir vécu une très belle aventure dans ce refuge de la vie sauvage en leur compagnie. C’est une expérience unique et nous les remercions de nous avoir permis de vivre tous ces beaux moments avec eux dans ce petit havre de paix.
Depuis, nous avons gardé contact avec Don et Renata et Sku, Iggy, Jade et Split vont très bien ainsi que tous les autres pensionnaires. Iggy a rejoint ses copains dans le small yard et peut maintenant sauter comme les autres wallabies, sa patte étant guérie. Sku et Jade ont bien grandi et seront aussi prochainement relâchés dans le small yard et pourront découvrir les couses-poursuites dans l’herbe et les buissons. Et de nombreux autres bébés wallabies ont rejoint le refuge depuis notre départ et sont entre de bonnes mains pour grandir et retrouver leur liberté une fois adultes.























bien revu la suite de votre voyage, mais mon ordinateur est tellement lent que les enfants n’ont pas eu la patiente d’attendre pour voir toutes les photos des wallabies.
C’était super ?? bises Agnès