Le Mardi 28 Juin, nous rallions Rainbow Beach à 150 km au Nord de Noosa Heads pour réaliser un tour de 3 jours sur Fraser Island. Il s’agit de la plus grande île de sable au monde (1840 km2) inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1992. Elle est connue pour ses lacs dunaires d’eau douce et pour être un terrain de jeu pour les sorties 4×4. Nous avons préféré opté pour une excursion organisée plutôt que d’y aller par nos propres moyens afin de pour profiter à 100% des énooormes 4X4 Toyota Landcruiser V8 mis à disposition et éviter d’utiliser le nôtre pas assez réhaussé car il n’aurait permis de faire que la moitié des chemins.

Localisation de Fraser Island
Localisation de Fraser Island

Nous passons donc la nuit à coté d’une auberge de jeunesse, en charge de l’organisation du tour, sous un froid glacial (6° avec beaucoup de vent) qui nous oblige à dormir dans la voiture. C’est donc sur une pile de sacs et de caisses que nous installons notre matelas pour nous retrouver allongés à moins de 20 cm du toit de la voiture, pour une nuit assez folklorique mais plus chaude qu’à l’accoutumée!

Réveil à 6h, départ à 7h, nous sommes 8 personnes par 4X4 dont 6 conducteurs pour le nôtre, à nous le partager pour la conduite. Nous prenons le bac pendant 15-20 minutes pour rallier l’île et nous commençons notre premier trajet sur la fameuse 75 miles beach. Nous nous arrêtons au Lake McKenzie pour nous baigner dans son eau magnifiquement bleue turquoise et bordé par son sable blanc pur composé de 98% de silice.

DSC_5590
Lac McKenzie
DSC_5588
Oh ! Une naïade !

DSC_5583

Nous continuons ensuite le long de 75 miles beach pour rejoindre notre camp et passer la soirée au coin du feu avec notre groupe, composé majoritairement de jeunes d’une petite vingtaine d’années et d’un seul coup on se sent vieux… Notre camp est entouré par de hauts grillages car l’île de Fraser est réputée pour sa population de Dingos, les chiens sauvages d’Australie (ceux de Fraser sont les derniers de race pure vu qu’il n’ y a pas de possibilité de croisement avec des chiens du fait de la situation insulaire), pour éviter que les dingos ne s’approchent trop près des campements et éviter ainsi d’éventuels accidents de morsures avec les campeurs.

Dingo

Le lendemain, nous remontons au Nord de l’île jusqu’au Champagne Pools et à Indian Heads via la plage. La conduite reste relativement simple puisqu’on suit les traces des autres 4×4 puis cela se complexifie lorsque nous empruntons les routes intérieures très étroites et très accidentées au travers de forêts et de dunes de sables. La çà devient du sport!! Et comme nous nous partageons le volant entre 6 conducteurs sur l’ensemble des 3 jours cela nous permet de profiter au maximum. Nous irons donc jusqu’au lac Allom au milieu de la forêt pour voir les tortues d’eau douce.

DSC_5605
Champagne Pools
DSC_5612
Indian Heads (le mec qui fait le poirier avec des falaises à pic derrière ne fait normalement pas partie du point de vue :))
fraser-island-027
Chemins intérieurs
Tortues d'eau douce du lac Allom
Tortues d’eau douce du lac Allom

DSC_5608DSC_5604

 

On ne se baignera pas dans la mer à Fraser  Island car elle est peuplée de gentils spécimens marins comme les requins ou les crocodiles d’eau de mer…

Dernier jour déjà et nous quittons le camp pour nous rendre à Elli’s Creek avec son eau très froide (on s’aventurera jusqu’à la taille, pas plus) assorti d’une séance bronzette sur la plage car le soleil commence à être très présent et les températures extrêmement appréciables (entre 22° et 27° sur les 3 jours). Nous prenons la pose devant l’épave du S.S. Maheno, prise dans un cyclone en 1935 et échouée sur la plage. Retour sur le continent après avoir bien profité de cette île pendant 3 jours.

DSC_5632
Epave du S.S. Maheno
DSC_5635
Epaves contre épave 🙂

Nous passons la nuit à Tin Can Bay à quelques dizaines de kilomètres de là pour une petite excursion matinale le lendemain. Lever à 6h30 et nous nous dirigeons vers le port pour nourrir notre ami Flipper. Tout est bien organisé par le council local (l’équivalent de la mairie), l’entrée est payante ainsi que le fait de donner un poisson au dauphin mais cela nous permet d’approcher une nouvelle fois de très près ce fameux cétacé 🙂 Notre ami Flipper de Tin can Bay fait partie de la race Humpback et vient ce matin avec 4 autres copains. Il s’agit d’un clan d’une dizaine de cétacés vivant en liberté le long de la côte et quelques spécimens viennent tous les matins attendre gentiment le poisson donné par les touristes. Malin le Flipper ! Mais la ration de poissons donnée tous les matins correspond au plus à 1/8 de se ration quotidienne afin que ces spécimens continuent de chasser pour se nourrir.

DSC_5653DSC_5656 DSC_5665 DSC_5669

On a encore des étoiles plein les yeux d’avoir approcher d’aussi prés des dauphins vivant en liberté et reprenons la voiture pour parcourir les 500 km de route vers le Nord en direction de Rockhampton, sous des températures qui commencent à avoir un véritable air de vacances (16-18° la nuit, 22 à 30° le jour). Le moral remonte au beau fixe et nous profitons beaucoup plus de nos soirées, dehors, au chaud, la plupart du temps dans des camps gratuits. Nous arrivons dans une partie de l’Australie un peu oubliée, avec quelques villes sans grand intérêt sur 700 km.

Tout d’abord, Rockhampton, capitale du Rodéo, autant dire une hérésie pour une défenseure des droits des animaux. Nous y resterons 2 jours pour nous reposer sur un camp gratuit mis à disposition par la ville et aller admirer les plages d’Emu’s Creek.

DSC_5682DSC_5681Comme à l’accoutumée (ceux qui sont déjà partis en vacances avec Chonchon savent de quoi je parle), Sophie a réussi à sauver un chien perdu au milieu de notre camp. Voila qu’on voit arriver de bon matin, un chien affamé, assoiffé et blessé à une patte, avec un collier cassé autour du cou et évidemment le chien se dirige vers Sophie… Après recherche d’un éventuel propriétaire dans le camp et le voisinage, nous avons embarqué le chien, un molosse de 30 kg, sur les genoux de Sophie pendant 20 km pour le déposer à la fourrière locale. La responsable de la fourrière nous indique qu’au vu de la blessure à la patte et du collier cassé, ce chien a été probablement perdu par son propriétaire sur une nationale, après s’être détaché de la chaîne qui l’accrochait au pick-up (très fréquent en Australie). Nous n’en saurons pas plus, les lois en vigueur dans le Queensland empêche de connaître une information dont n’avons aucun intérêt personnel et la responsable nous dit que si nous ne voyons pas le chien sur leur site internet dans les prochains jours c est qu’ils ont retrouvé son propriétaire ce qui est très probable. Effectivement ce chien n’apparaîtra pas sur le site, on en conclut qu’il a dû retrouver son maître.

DSCN3943
Le molosse
DSCN3997
A l’Australienne, le chien à l’arrière du pick-up!

DSCN4029

Vient ensuite Mackay dont la seule attraction est le lagoon mis à disposition par la commune, en bordure de plages et enfin Cape Hillsborough où il est possible d’apercevoir des kangourous sur la plage au lever du soleil. En bon touriste, nous nous sommes faits arnaquer par cette dernière excursion alléchante, avons payé un camping hors de prix à quelques mètres de ladite plage pour finalement apercevoir 2 pauvres marsupiaux à 6h30 du matin…

DSCN3952
2 marsupiaux sur la plage de Cape Hillsborough

DSC_5696

Par contre nous avons vu à la nuit tombée un kangourou des arbres, appelé aussi kangourou arboricole, si si ça existe!, un peu plus petit que ses cousins vivant sur la terre ferme et beaucoup plus craintif. Ils ressemblent un peu à un possum et vivent quasiment que dans les arbres. Évidemment il n’a pas attendu en prenant la pose que nous allions chercher l’appareil photo alors on vous montrera une photo du web 🙂

kangourou arboricole
Lagoon de Mackay
Lagoon de Mackay

Pourquoi un lagoon dans la ville alors que la plage est à quelques encablures me direz-vous ? Parce que les guides touristiques omettent un léger détail sur l’aspect carte postale de l’Australie, ses plages, ses surfeurs, son soleil.
Premièrement, le climat : l’Australie n’est pas un pays chaud, au sens où on pourrait l’entendre (c’est-à-dire toute l’année). De par sa surface, de nombreux types de climat sont présents et la notion de pays chaud ne s’appliquent véritablement qu’à un peu plus de la moitié de l’île (pour faire simple, les états du Queensland, des Northern Territories et du Western Australia, cf la page spéciale à venir sur les climats dans l’onglet « A savoir »). L’autre partie est plongée dans un hiver de type européen, une grande partie de l’année.
Deuxièmement : les dangers de la mer. Il est très fortement déconseillé (entendez très dangereux) de se baigner depuis Noosa Heads (sur la côte Est), sur l’ensemble de la côte Nord et puis jusqu’à Exmouth (de l’autre coté, sur la côte Ouest, où nous étions en Février), soit environ 6000 kms, rien que ca. Les dangers sont multiples et nous pouvons y rencontrer des méduses venimeuses (les Box Jelly Fish), des poissons pierre, des pieuvres venimeuses (les Blue ringed octopus), les crocodiles d’eau de mer et les grands requins blancs! On détaille tous ces charmants animaux dans la rubrique  » A savoir » !

C’est donc dans cette ambiance bon enfant que nous comprenons aisément qu’il sera pour nous quasiment impossible de revoir la mer de près en Australie lors de notre séjour. Une petite lueur d’espoir cependant, nous partons à Airlie Beach, point de départ pour les Whitsundays Islands connues pour être à l’écart de tous ces dangers et abriter une des plus belles plages du monde : Whitehaven Beach. On retrouve à Airlie Beach des quartiers très touristiques comme c’est le point de départ vers les Whitsundays Islands et de nombreuses propositions s’offrent à nous : 3 jours sur un bateau pour faire le tour des îles soit un aller-retour dans la journée pour aller sur la plage avec  snorkelling sur plusieurs spots pour voir la grande barrière de corail. Le conformisme et le tourisme de masse n’étant pas notre tasse de thé, nous organisons donc par nous-même un petit séjour des plus originaux : nous allons camper sur Whitehaven Beach !

whitsundays

Nous prenons un bateau-taxi pendant 3h avec plusieurs autres passagers et effectuons un premier tour des différentes îles (76 au total dont seulement 4 sont habitables) puis arrivons à cette fameuse plage ! Oh my God ! Il nous a été donné de voir des endroits merveilleux dans notre vie dont beaucoup pendant ces 6 derniers mois mais là, ca dépasse l’entendement ! Une plage de 8 km de long, d’un sable blanc immaculé (composé à 99,8% de silice, soit le sable le plus pur au monde), avec des eaux de différentes teintes bleutées à tomber par terre : le paradis !

DSCN3954
Notre paquetage
DSCN3975
Whitehaven Beach

C’est donc ici que nous allons passer 3 jours en autonomie : 20L d’eau à partager à 2, 1 douche solaire, des Bush-Toilets mises à disposition et c’est tout. Il est 12h lorsque nous arrivons et la plage est relativement fréquentée (sans être bondée non plus) mais aux environs de 16h, tous les bateaux viennent récupérer leurs touristes et nous sommes alors quasiment seuls au monde (nous partageons ce havre de paix avec une vingtaine d’autres campeurs). Balade le long de la plage sous un ciel bleu magnifique, les pieds dans l’eau pour admirer le coucher de soleil et il est déjà 18h15 (et c’est la nuit noire). Nous sortons le nécessaire pour faire à manger et dînons sous une pluie d’étoiles (statiques comme filantes) : le moment est magique ! Nous faisons la connaissance d’un petit groupe de français présents sur le camp comme nous, Marion et Manon les 2 amies bretonnes et d’un couple, Antonio et Cécile. Nous restons à papoter ainsi sur la plage autour de marshmallows grillés au gascooker avant de rejoindre notre tente après avoir passé un moment très sympathique.

Le camp
Le camp
DSC_5824
Sable blanc, eau turquoise
DSC_5731
La plage
DSC_5828
Petite douche bien méritée

Le lendemain, réveil à 6h pour admirer le lever du soleil et prendre le petit déjeuner devant la mer. Séances bronzettes, balade le long de la plage avec baignade dans cette eau cristalline (avec quelques piqûres de méduses Jelly-Box en prime) et notre 2ème jour est très vite passé.

DSC_5775
Lever du soleil à 06h40
DSC_5831
Petit-déjeuner dans un cadre idyllique
DSC_5834
Pas un nuage à l’horizon !
DSC_5785
What else ? 🙂

Nous nous promènerons sur un chemin intérieur de l’île afin d’aller admirer la plage Chance Bay plus sauvage et moins connue que celle de White Heaven Beach

DSC_5793
Chance Bay, de l’autre coté de l’île
DSC_5799
Plage de Chance Bay

Et lors de notre promenade nous croiserons les hôtes de l’île, 4 serpents venimeux de l’espèce « common tree snake » qui sont assez apeurés en nous voyant et prennent la fuite.

DSC_5804DSC_5811

Nous protégeons au maximum nos déchets car 3 Goanas, des reptiles inoffensifs ressemblant à de gros lézards, ont élu domicile aux alentours du camp et vient tenter d’ouvrir les sacs poubelles ou les caisses de bouffe assez fréquemment.

Goana
Goana
DSC_5813
Tiens qu’est ce que je pourrais bien me faire à déjeuner ?! 🙂

Sophie « perdra » une de ses robes dans le camp ou sur la plage et on doute que ce soit un goana qui l’ait prise pour manger, à moins que…  Le dernier jour, après avoir profité de nos derniers instants sur cet endroit paradisiaque, nous reprenons le bateau pour rejoindre le continent. Nous y aurons vécu l’un des plus beaux moments de notre vie à n’en pas douter !

Nous finissons notre séjour à Airlie Beach par une sortie Snorkelling le lendemain, sur la grande barrière de corail. Cette excursion ne nous aura pas laissé un souvenir impérissable car la majorité des coraux sont morts ou en cours de régénération, nous voyons de nombreux poissons autour de nous, mais après avoir vu les trésors maritimes de l’île Maurice, l’ensemble est un peu fade…

 

Mais nous profiterons de cette excursion pour un arrêt au point de vue donnant un panorama sur White Heaven Beach et le spectacle vu d’en haut est superbe!! Magnifique!

DSCN3974DSCN3969DSCN3984Puis nous prenons la route en direction de Townsville, à 200 km de là, pour de nouvelles aventures…!!

Vous pourriez aussi aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *