Le vendredi 17 juin, nous quittons Renata & Don et nos petits wallabies avec un énorme pincement au cœur et commençons notre découverte de la Gold Coast, située sur les 100 km au Sud de Brisbane. C’est une destination de vacances prisée pour les habitants du Sud-Pacifique avec sa multitude de plages et ses conditions idéales pour la pratique du surf.
Nous démarrons notre périple par une tournée chez le médecin car nous avons été piqués par des tiques dont les piqûres se sont infectées (3 chacun, balle au centre). Au menu : extraction de la tête d’une tique sur moi dont Sophie n’a pas réussi à venir à bout et antibiotiques pendant 2 semaines car nous avons quelques symptômes. Nous en profitons donc pour tester le système médical Australien (dans une moindre mesure, chez un médecin généraliste), et nous sommes plutôt surpris par plusieurs faits :
* Les Australiens sont remboursés à hauteur de la moitié de leur frais de santé par l’équivalent de la Sécurité Sociale puis le reste est pris en charge par les mutuelles (malgré l’écart avec la France, cela reste plus bénéfique qu’aux US)
* Les médecins sont regroupés en Medical Practice, un peu à l’image de ce qui commence à se faire en France avec certains spécialistes, partageant ainsi leurs frais fixes (locaux, secrétariat, etc…). Il y a très très peu de médecins en solo dans un cabinet.
* Les médecins sont nombreux, mais alors très nombreux (entre 5 et 10 généralistes dans une Medical Practice). Il en découle que leurs horaires de travail s’en ressentent (9h-17h, comme la majorité des Australiens) avec des systèmes de garde pour assurer un service de nuit. En revanche, le tarif des consultations est assez élevé (tarif libre, vu à ce jour entre 62$ et 72 $ soit 45€ entre 52 € ) Les Australiens doivent être affecté à un Medical Practice de référence et chaque non-présentation à un RDV, se voit facturer 20$ au patient (sauf justification valable bien entendu). Il y aurait des idées bonnes à prendre pour éviter d’engorger les agendas des médecins par des patients qui ne prennent pas la peine de venir.
* Les pharmacies regorgent de produits non pharmaceutiques (des barres chocolatées, du pain, des sodas, des peluches, des masques et tubas…) et vous pouvez trouver des pharmacies de la taille d’un supermarché ouverts 24/7 dans les grandes villes. Franchement, ca surprend quand on y rentre et c’est plutôt dérangeant pour nous qui avons l’habitude de voir des pharmacies focalisées sur les médicaments et les produits paramédicaux.
* Les médicaments sont délivrés AU BESOIN. Vous avez un traitement de 2 semaines, on vous donne les comprimés pour UNE semaine que vous devez ensuite renouveler. POINT BARRE ! Pas d’armoire à pharmacies qui regorge de médicaments qui périment avec une tablette restante.
Nous sommes plutôt contents dans ces cas là d’avoir souscrits une assurance santé, en l’occurrence nous avons choisi CHAPKA ( spécialisée pour les séjours longue durée à l’étranger comme pour les expatriés, les Working Holiday Visas…) car nous serons remboursés à 100% avec une facture s’élevant quand même à 200$ pour cette fois ci.
Nous prenons la route du Springbrook National Park, à l’Est de la Gold Coast qui regorge de chemins et chutes d’eau au sein d’une immense forêt bordant la frontière entre le New South Wales (au Sud) et le Queensland (au Nord). C’est un parc relativement peu connu mais qui est vraiment très impressionnant par son étendue et par les chemins qu’il permet de traverser au sein de la forêt tropicale. Nous commençons par le site insolite de « Natural Bridge » où de l’eau se déverse par le toit d’une grotte de basalte. Et à la nuit tombée, on peut admirer la grotte illuminée par les vers luisants.

Les chutes d’eau sont nombreuses, nous allons aux divers endroits du parc pour admirer toutes ces cascades et profiter des chemins environnants pour faire quelques ballades dans la forêt tropicale.

On peut passer derrière celle des Blackfellows Falls le long de la paroi rocheuse, douche garantie!

Les paysages sont superbes et se sent complètement immergés dans la forêt avec ces arbres immenses mais le temps devient nuageux et nous ne pourrons pas profiter de tous les points de vue sur la Gold Coast.
Et ce week-end, la météo prévoit une grosse tempête et vu ce que nous avons vécu 15 jours auparavant on préfère réserver 3 jours chez un hôte AirBnb histoire de ne pas passer nos journées dans les centres commerciaux ou à attendre dans la tente que la tempête s’arrête (ou que ca s’inonde :)). Nous serons donc chez Kent qui nous accueille dans sa maison avec ses 2 énormes chiens border collie. Journées cool, soirées aux fourneaux, on profite du four pour se faire de bons petits plats! et balade entre 2 averses puis la tempête le dimanche (80mm d’eau sur une journée vs 250mm d’eau pour la tempête d’il y a 2 semaines). Cela reste relativement rare pour la Gold Coast réputée pour son climat doux et ensoleillé et ces habitants ont plutôt l’habitude de connaître ce type d’événement lors de la saison humide (d’octobre à mars), nous sommes « ravis » d’être là quand cela se produit….
Nous ne garderons pas un souvenir impérissable de la Gold Coast qui est le paradis des surfeurs dont les plages sont très exposées aux vents mais elle ne peut pas vraiment se targuer d’avoir de superbes plages. En effet, la majorité d’entre elles sont des longues étendues de sable longées par une route qui permet de les séparer des immenses buildings construits tout le long de la coté sans harmonie architecturale. Trop d’immeubles et trop de béton ont dénaturé cette côte. Cependant, l’intérieur des terres est véritablement superbe avec de nombreux canaux qui bordent les différentes habitations, dont nous avons pu apercevoir l’étendue depuis la Sky Tower.



La Gold Coast est aussi la capitale australienne des parcs à thèmes et après la tempête, nous passons la journée suivante à Dreamworld, le plus grand parc d’attractions du Pacifique Sud dont 9 attractions à sensations fortes (une tour de la terreur haute de 140m :). A notre arrivée, nous sommes plutôt mitigés car nous nous attendions à un immense parc d’attractions à l’américaine et finalement le parc doit s’étendre sur 1/3 de la surface de Disneyland Paris. Il y a énormément d’attractions pour les enfants et même un zoo avec kangourous, crocodiles, casoars, bébés tigres… Les attractions à sensations fortes sont plutôt sympas, il y a relativement peu de monde dans le Parc (c’est l’hiver ici et à 22 °C ça fait rêver un hiver comme ça 🙂 et nous pouvons profiter de chacune des attractions qui nous plaisent en un minimum de temps (la tour de la terreur n’a pas été du lot, je suis pas fan de ce type de sensations :)). La petite taille du parc fait qu’en 4 ou 5h, toutes les attractions sont faites. Pour un tarif de 95$ la journée, cela reste relativement onéreux mais nous a permis d’avoir des belles sensations.




Nous avons profité d’un bon plan pour avoir 7 jours illimités à ce parc d’attractions ainsi qu’au parc aquatique le jouxtant, pour le prix d’une journée. Le lendemain, nous enfilons donc notre maillot de bain (cela faisait longtemps…) et passons 1h30 dans la parc aquatique WhiteWater World. Oui, 1h30, c’est le temps qu’il nous aura fallu pour faire l’ensemble des attractions du parc et même d’y retourner plusieurs fois vu qu’il y a presque personne. C’est sympa de nous avoir privatisé le parc 🙂 Bon c’est surtout qu’au bout d’1h30 on était gelés comme ils ne chauffent pas l’eau des attractions ou de la piscine. L’attraction la plus spectaculaire est un toboggan, à la quasi verticale, on se tient debout et le plancher se dérobe sous les jambes : une chute de 10m à la verticale qui se termine par de multiples virages pour ralentir avant l’arrivée. Plus grosse sensations depuis mon premier saut en parachute ! Impressionnant !

Après toutes ces sensations, nous reprenons la route en direction de Brisbane, pour séjourner quelques jours dans un camp tenu par un particulier, Gary, le temps de visiter Brisbane. Nous installons notre grande tente dans son jardin et discutons avec des Australiens qui sont installés ici depuis quelques semaines et qui comptent y rester encore quelques mois. Cela corrobore ce que nous avons vu jusqu’à présent : beaucoup de citoyens australiens baroudent en famille, généralement dans une caravane, suivant les saisons de récolte ou au gré des jobs trouvés. Nous avions rencontré beaucoup de résidents à l’année dans les campings (avec des caravanes installées depuis des années avec tout le nécessaire organisé autour) mais c’est la première fois que nous voyons cela chez un particulier. Nous partageons nos soirées dans une pièce de vie mis à disposition par Gary, tout cela pour la modique somme de 10$ par nuit (là ou les campings sont plutôt aux alentours de 35$ dans la périphérie des villes et 50$ en centre-ville).
Nous profitons de ce pied à terre pendant 4 jours pour visiter la ville de Brisbane, dernière très grosse ville de la côte Est. Nous passons la majorité de notre temps à nous balader sur les quais de SouthBank, longeant la rivière : lagoons mis à disposition par la ville, nombreux commerces (bars, restaurants, etc..) et de nombreux musées. Le lagoon est tout simplement sublime, nous sommes vraiment déçus d’être là en plein hiver (il fait quand même 20-22°c la journée) mais nous pouvons profiter de toute l’infrastructure autour (parcs, jardins, tables, barbecues publiques). Vu que c’est l’hiver ici, de nombreuses activités sont disponibles : luge, patinoire, etc… oui, on fête l’hiver comme on peut ici 🙂 et ca fait bizarre de voir des enfants faire de la luge quand toi tu te balades en short en mangeant une glace. Nous soignons dans le même temps notre coup de froid attrapé quelques jours plus tôt au parc aquatique ( avoir une grippe en Australie, qui l’aurait cru…) par un nouveau RDV chez le médecin.






Nous continuons ensuite notre remontée de la cote Est en direction de la Sunshine Coast, à 100 km au Nord de Brisbane, beaucoup plus sauvage. Nous posons notre tente dans un camp aux alentours de Noosa pour 3 jours et partons explorer les différentes plages et parcs. Et bizarrement, on se retrouve beaucoup plus sur cette côte, par ses multitudes de plages aux contours très variés, les nombreux points de vue et les étendues de forêts, sans céder à la loi de la construction à outrance. On se promène au Sud de la Sunshine Coast sur la plage de Mooloolaba et on en profitera même pour manger des glaces chez » Gélatissimo » comme le temps s’y prête. On est contents de retrouver le soleil en journée même si les nuits sont encore très froides. Noosa au Nord de la Sunshine Coast reste notre gros coup de coeur et son chemin côtier, à Noosa Heads est le plus beau que nous avons été amené à voir jusqu’à présent. Journées à se balader, à profiter des paysages.








Les couchers de soleil à Noosa sont magnifiques et on assiste à un dégradé de rose, de jaune et de bleu. Plus beau coucher de soleil que l’on ait vu!


Nous avons relativement froid la nuit depuis le début de notre périple en Australie : entre 4 et 8° en Tasmanie, entre 8 et 12° dans le Victoria, entre 10 et 14° dans le New South Wales avec encore parfois des chutes de température à 4°c et malgré nos sacs de couchage bien épais, les soirées commençant à 16h45, sont longues, parfois très longues. Nous attendions un véritable sursaut des températures à partir du Queensland, il n’en est rien (pour le moment). Et ça commence à être dur, vraiment, plus pour moi que pour Sophie, car c’est n’est vraiment pas ce à quoi on s’attend, en partant en Australie. Étonnamment Sophie s’adapte à ce mode de vie et garde son optimisme à toute épreuve.
Pour ma part, je commence à ressentir également un certain épuisement lié à ce mode de vie : se réveiller la nuit à cause du froid et avoir les cheveux gelés, se lever (tôt, 6h30-7h) par les premiers rayons du soleil (ou par le froid, selon les jours), petit-déjeuner (dans le froid), ranger la tente, la voiture, partir sur la route, rouler des fois 200 à 300 kms, déjeuner sur le pouce le plus souvent avec sandwiches ou salades faits maison, trouver un camp ou un camping pas trop cher avant 17h de préférence afin d’y installer la tente avant qu’il fasse nuit même si on a pris l’habitude d’installer la petite tente en 5 minutes ou la grande en 45 min même dans le noir, puis manger dans la camp kitchen, la laverie ou les douches (quand il n’y a pas de camp kitchen) ou bien dans la tente avant de dormir, assez tôt (horaire d’hiver oblige).
Cela peut sembler difficile à comprendre vu d’en France, mais de quoi se plaint-il ? Il est en Australie 🙂 et en vacances! Il n’ a pas à gérer les pénuries d’essence, les gréves et les inondations! C’est vrai, mais ce sont des choses à laquelle de nombreux voyageurs en mode routard sont confrontés, notamment en Australie et je comprends maintenant pourquoi les périples sur la route durent rarement plus de 3 à 6 mois : c’est épuisant physiquement et mentalement! Et pour ceux qui pensent que l’Australie se résume aux plages, aux surfeurs et à se faire des barbecues sur la plage, on risque de rire jaune en entendant çà. En discutant avec d’autres backpackers comme nous, on ressent tous les mêmes impressions et la fatigue liée à ce mode de vie.Et oui la vie de Roms n’est pas de tout repos!
Et on peut dire que parfois, on se sent un peu les Roms d’Australie avec ce mode de vie de routard quand on lave notre vaisselle sur un parking ou qu’on se douche dans des douches publiques ou au lavabo. Ne pas avoir un véritable toit sur la tête (que ce soit dans un van ou dans une tente, la problématique reste la même), ne pas savoir où l’on va manger, dormir, aller aux toilettes, où l’on est dépendant du temps extérieur, tout ceci fait qu’au bout d’un moment, on a une envie assez étrange : retrouver son confort, pouvoir utiliser un peu plus d’eau que la normale sans s’en soucier, faire à manger sans être obligés de protéger les flammes du gascooker du vent car sinon l’eau met 20 min à bouillir et à ce rythme là tes pâtes t’es pas prêt de les manger…, pouvoir aller aux toilettes en étant sûr que ce soit propre (idem pour les douches), dormir avec un toit sur la tête, au chaud, sur un vrai matelas, ne pas se soucier des insectes…
Et c’est donc cette nuit là, par 4° dehors, qu’une question me passe par la tête : mais qu’est-ce qu’on fout là ? 4° !! En Australie !! Nous nous attendions à avoir des températures froides en Tasmanie (il fait beau 1 mois 1/2 par an là-bas) mais nous sommes quasiment à la moitié de l’île en ayant eu tout au plus 4 à 5 nuits correctes (quand je dis correctes, je parle de températures entre 12 et 15°…) depuis notre retour sur le continent. Nous discutons avec la propriétaire du camp qui nous dit que c’est la nuit la plus froide qu’elle ait pu vivre à Noosa, et cette femme n’était pas de toute première jeunesse (70 ans !). Effectivement, en regardant un peu sur les sites d’infos australiens, cette vague de froid est assez inédite en Australie et l’ensemble de la côte Est est touchée pendant environ 15 jours (il va même neiger à 100 km au Nord de Melbourne) . Les températures habituelles dans cette région sont plutôt de l’ordre de 15 à 17° la nuit, en plein hiver. Nous sommes une nouvelle fois ravis que les aléas climatiques se déchaînent lors de notre périple 🙂
Ces préoccupations ne devraient plus être qu’un lointain souvenir dans les prochains jours, nous avons prévu une excursion sur Fraser Island (plus grande île de sable du monde) en 4×4 par un tour operator avant de remonter franchement dans le Nord vers Townsville et son climat tropical (d’après les proverbes locaux, il fait froid seulement entre 4h et 7h30 du matin un Mercredi du mois de Juillet :)).







Revenez donc nous voir, il parait qu’on a l’un des meilleurs système de remboursement de soin ….
Oui on a eu des moments un peu difficiles…
Oui, revenez : la météo prévoit 32 °C la semaine prochaine à Cholet 🙂
19°C la nuit, ça devrait soigner votre rhume…